21 — 24.05

Romeo Castellucci, Scott Gibbons Cesena-Portland

To Carthage then I came

performance — premiere

Parking Panorama

Accessible pour des personnes en chaise roulante avec assistance | ⧖ ± 35min | €18 / €15 | Accessible aux chaises roulantes avec assistance, sans toilettes adaptées | Spectacle debout, contient de la musique forte

Une procession de performeur·euses pénètre dans l’espace, se suivant, répétant le même geste. Iels partagent une même action émanant du corps pour devenir son – un signal, un avertissement –, flottant entre rébellion punk et prière ancestrale ; entre mouvement de libération et révérence théâtrale.

Romeo Castellucci revient au festival avec une nouvelle performance sonore conçue en dialogue avec l’espace du Parking Panorama, un bâtiment méconnu niché au centre de Bruxelles qui se distingue par son toit de forme conique, évoquant à la fois un chapiteau et un clocher. Dans cet espace, les gestes des performeur·euses font résonner l'architecture, qui à son tour façonne l'action que nous observons, menant l’ensemble jusqu’au crescendo polyphonique. Le mouvement mécanique des corps, dans sa répétition implacable, nous transporte au cœur d’un moteur à combustion ou au sommet d’un clocher, là où un marteau humain semble frapper le bronze sans trêve, scandant l'heure d'une alarme.

Romeo Castellucci s’accompagne de son collaborateur sonore de longue date, Scott Gibbons, pour créer une œuvre à la croisée du théâtre et du concert. Une performance qui marque un retour à l’essence de sa pratique, sondant la limite presque spirituelle entre la présence individuelle et la permanente possibilité d’appartenir à un mécanisme qui nous dépasse.

read more

To Carthage then I came [C’est à Carthage que je suis venu·e]

Outils principaux

Sous la voûte d’un toit, six longs tubes dorés pendent à hauteur de tête.

Les tubes varient en longueur, comme d’anciennes unités de mesure.

Mene Tekel Peres 

Leur diamètre est celui d’un poing

Pas de lumière, seul le reflet inhérent à l’or.

Les tubes sont caressés par les cheveux longs de plusieurs personnes qui, sans même qu’on les ait remarquées, pénètrent l’espace, l’une après l’autre.

Le mouvement de leur corps ondule, obstiné.

Le rythme et la violence du souffle dans les tubes génèrent la musique des sphères.

Parfois, les cheveux, comme des serpents, s’enroulent autour du tube, coinçant le corps.

Le volume augmente de manière logarithmique.

Le son émane de l’effort des personnes, car c’est un geste, pas une expression artistique.

Le son est celui d’une alarme annonçant un incendie.

Carthage

 

Entretien avec Scott Gibbons

Parlez-nous de votre partenariat de longue date avec Romeo Castellucci.

Nous travaillons ensemble depuis plus de 25 ans déjà ! Mais, le plus important, c’est que, jamais, nous ne savons où nous aboutirons quand nous nous lançons ensemble dans un nouveau projet. Chaque projet est différent et je suis généralement surpris de ce que je découvre au cours du processus. Je pense que nos curiosités se rejoignent, et que nos compétences et nos instincts se complètent bien. Nous partageons un langage esthétique commun où la lumière, le son et la matière visuelle sont traités sur un même pied, afin de créer des expériences sensorielles immersives « totales » ; des expériences dans lesquelles le public est l’acteur de sa propre expérience, alors qu’il se transforme, se déplace et s’adapte. Nous cherchons à créer des moments qui dépassent l’entendement cognitif. Nous visons plutôt des rencontres immédiates, viscérales et peut-être même déroutantes. C’est une sorte de subversion sensorielle. Le public n’est pas là pour entendre ou pour voir, mais pour ressentir et vivre une expérience d’une manière qui dépasse la pensée logique. 

Quelle forme a pris votre collaboration avec Romeo Castellucci dans cette pièce? 

Le lieu lui-même est dur et impitoyable. Les actions sont directes, factuelles, inflexibles. Des microphones sont placés à l’intérieur des objets, et une bibliothèque de sons est composée avec les sons qu’ils produisent. Ces sons sont générés de manière dynamique et émis tout au long de la pièce, afin de créer un événement sonico-visuel. Le son n’explique pas ce qui se produit, et ce qui se produit ne détermine pas le son.

Comment comptez-vous intégrer l’acoustique singulière du parking Panorama dans la pièce?

Il y a, dans mon travail, de la subversion, de la distorsion et une déconstruction des sons dans l’espace, afin de créer une présence tangible. Le son est un matériau fondamental qui produit une émotion immédiate, préverbale. L’acoustique du lieu fait partie intégrante de la conception musicale. L’acoustique, le placement du public et le positionnement des sources sonores sont au cœur de la structure de la pièce.  

Comment la performativité et la musique s’articulent-elles dans cette performance sonore?

La pièce est un système performatif unique dans lequel le son, l’image et le corps cocréent un événement qui agit sur le public. Depuis que nous travaillons ensemble, nous évitons d’ajouter de la musique au théâtre. Je ne suis pas du tout intéressé par la création d’une « bande son » en soi. La musique ne nous sert pas à illustrer ou à étayer la performance ; elle est actrice.  

  • Traductions par Diane Van Hauwaert

21.05

  • 17:00
  • 18:30
  • 20:00

22.05

  • 17:00
  • 18:30
  • 20:00

23.05

  • 15:00
  • 16:30
  • 18:00
  • 19:30

24.05

  • 13:30
  • Nouvelle représentation ajoutée
  • 15:00
  • 16:30
  • Annulé en raison de la chaleur. Les détenteur·ices de tickets sont informé·es par e-mail.
  • cancelled
  • 18:00

Présentation : Kunstenfestivaldesarts, Bedford Hotel 
Par : Romeo Castellucci & Scott Gibbons | Direction de mouvement: Gloria Dorliguzzo | Architecture sonore : Claudio Tortorici | Avec : Maxime Arnould, Catherine Rans, Lydie Decouvelaere, Dima Emelianenko, Golestân Outil-Rouhi, Magdalena Górnikiewicz, Rosalie Neal | Direction technique : Eugenio Resta | Production : Caterina Soranzo | Cheffe de production : Benedetta Briglia | Organisation : Giulia Colla | Equipe technique à Cesena : Carmen Castellucci, Francesca Di Serio, Gionni Gardini, Dario Neri | Administration : Michela Medri, Elisa Bruno, Simona Barducci | Finances : Massimiliano Coli
Production : Societas | Coproduction : Kunstenfestivaldesarts
To Carthage then I came est conçu comme la deuxième phase du projet Senza Titolo, une production de la Triennale Milano et Societas commandée à l’occasion du centenaire de la Triennale Milano (2023)
Avec le soutien de la Fondation Ammodo

website by lvh