07 — 09.05.2004
Forced Entertainment / Tim Etchells Sheffield
Bloody Mess / 12 a.m. awake & looking down
théâtre — premiere
Anglais | Bloody Mess (±1h50): 7.8.9/05 > 20:30 (Kaaitheater) | 12 a.m. awake and looking down (in & out, 6h): 1/05 > 20:30 (Beursschouwburg)
Epopée pour dix performers, Bloody Mess façonne, saisissante et comique, une nouvelle logique basée sur la collision d'histoires et de personnages énergiquement déconnectés. Forced Entertainment s'y surpasse : Pop Art politique cinglant, chaos trash et kitch, jeu très physique y dépeignent notre monde moderne dans tous ses états, de beauté, d'horreur et de complexité. Dans 12 a‧m. awake & looking down, cinq performers marathoniens se défient en s'attribuant d'innombrables costumes et identités à composer. Improvisé, poétique, poignant, hypnotique et par moments hystérique, la performance dure six heures. Le public est libre d'entrer et de sortir à sa guise.
Le paysage que nous avons esquissé est celui de villes, de programmes de télévision, tard, la nuit, de fantômes et d’histoires dont on ne se souvient qu’à moitié. Les thèmes dont nous nous sommes fait l’écho sont l’amour, la fragmentation, la quête d’identité, les limites de la sexualité et le besoin de se livrer. (Tim Etchells / Forced Entertainment)
Le journal The Guardian les décrit comme « la compagnie de théâtre expérimental la plus brillante de Grande-Bretagne ». Collectif de six artistes dirigé par le metteur en scène et écrivain Tim Etchells, Forced Entertainment existe depuis 1984 et crée au départ de Sheffield où il réside des œuvres originales qui se concrétisent au gré de diverses formes artistiques. Initialement dévolu au théâtre – créer des performances et les faire tourner –, le travail de Forced Entertainment englobe aujourd’hui aussi la vidéo, les médias numériques, des performances de longue durée jouant sur l’instantané de l’art vivant et des installations en galeries. Ses créations sillonnent le Royaume-Uni, l’Europe et les continents non européens et sont applaudies par le public dans de grandes villes : d’Amsterdam, Berlin, Bruxelles, Londres, Vienne, Zagreb, Helsinki à New York et Beyrouth.
Les thèmes que la compagnie aime à renvoyer évoquent notre vie dans les grandes villes, notre identité et nos comportements sexuels, la relation que nous installons entre notre vécu et les images de notre culture médiatique, la nature de notre langage, notre attirance pour le chaos comme notre désir d’ordre, et le besoin de témoigner. Leur approche est rigoureuse, hybride et éclectique, tout à la fois. Sans discontinuer, Forced Entertainement cherche à inventer de nouvelles formes de performance et de théâtre qui puisse décrire la vie urbaine actuelle. Chacune de leurs œuvres est incontestablement une création de groupe – maturée pendant de longs mois d’improvisations et de discussions avant de prendre le chemin du théâtre, du cinéma, de la culture musicale, de la littérature ou des beaux-arts.
Le style de Forced Entertainment est reconnaissable au premier coup d’œil. Aucune règle ne régit pourtant la forme que prendra une de leurs performances. Certaines comportent de grandes quantités de texte parlé, d’autres pas du tout. Certaines s’électrisent d’énergie à haut voltage, impétueuses et chaotiques ; d’autres respirent la quiétude, très ciblées et minimalistes. Beaucoup d’entre elles pratiquent le collage en guise de structure : types et couches variées de matières, puisées à des genres ou à des sources très différents se combinent ainsi en trames fluides ou perturbatrices. D’autres pièces mettent en jeu des ressorts de théâtre très basiques et les développent sur la durée, essorant ainsi jusqu’à la dernière goutte une matière apparemment anodine pour qu’elle rende tout le jus de son sens.
Largement considéré comme « l’un des plus importants groupes de performers en d’Europe » (Der Tagesspiegel), Forced Entertainment poursuit sans répit son exploration multiple de ce qui est possible au théâtre, engagé, provocant et surprenant.
La nouvelle création : Bloody Mess (2004)
Une majorette délinquante danse et hurle. Une lumière stroboscopique tremble, pointée au sol. Le grimage fatigué, deux clowns s’écharpent méchamment pour s’approprier le pouvoir sur scène. Une femme pleure toutes les larmes de son chagrin très « opératique », s’arrête soudain, change de costume et repart de plus belle. La sono crache des accords de Deep Purple ou peut-être de Black Sabbath auxquels seules se substituent les Suites pour violoncelle de Bach. Un type commence à raconter l’histoire du monde en partant du Big Bang mais il est vite interrompu. Sound Check. Interview. Monologue aguicheur. Des techniciens de concert de rock se glissent en scène pour déposer des lampes discos, de nouveaux acteurs et un micro dont personne ne veut. Une femme déguisée en gorille balance du pop-corn sur tout ce qui bouge, telle une fuyarde démente échappée d’un cirque. Deux hommes superbement bien habillés interprètent une petite danse en arborant des étoiles en papier alu faites maison. Un silence magnifique s’installe.
Bloody Mess de Forced Entertainment défie toute description et catégorisation. Marquant l’apogée de leurs vingt années de travail au théâtre, c’est une épopée pour dix acteurs qui fait surgir une nouvelle logique, saisissante et comique, au départ de la collision de personnages, d’histoires et de performances, tous déconnectés les uns des autres. Dès le début où chaque acteur avoue au public la manière dont il aimerait être perçu pendant le spectacle, les problèmes s’annoncent, inévitables – rivalités, contradictions et totale incompatibilité semblent (dé)régler le jeu. Mais, au moment où le désastre guette et où le « spectacle » semble sombrer dans un énergique chaos, Bloody Mess réussit à entrelacer ses éléments disparates pour les ficeler en un tout intelligent, sombre et comique, subitement poignant. Bloody Mess, c’est du Forced Entertainment au meilleur de sa forme – Pop Art politique intransigeant, trash ironique très physique : un spectacle visuel qui tente de décrire le monde moderne dans toute sa beauté, son horreur et sa complexité. Forced Entertainment définit Bloody Mess comme un espèce de manifeste pour le futur – la pagaille qu’ils jettent cette fois est énorme, sanglante et magnifique.
Réservé aux spectateurs de bonne foi. Ivrognes et glandeurs s’abstenir.
Une reprise exceptionnelle de 12 am: Awake & Looking Down (1993)
« L’identité émerge de l’incapacité du corps à exprimer l’être dans sa complétude et de l’incapacité du signifiant à transmettre un sens avec exactitude.. »
(Peggy Phelan, Unmarked :The Politics of Performance)
Créé en 1993, 12am: Awake & Looking Down est la première performance de longue durée menée par Forced Entertainment : un marathon d’inventivité et d’improvisation dans lequel cinq performers silencieux ne cessent de réinventer leurs identités en utilisant, pour s’attribuer des noms, de vieux morceaux de carton, et, pour les incarner, une vaste réserve de vêtements de récupération, alignés sur une tringle. Durant six heures, les cinq performers présentent un kaléidoscope passionnant d’histoires à moitiés racontées et de personnages fantomatiques qui évoluent, débridés, dans un espace magique.
12am... est une performance physique et extrêmement visuelle qui part d’un vaste catalogue de noms constamment agrandi – de FRANK (IVRE) et de la FILLE HYPNOTISÉE, via ELVIS PRESLEY (LE CHANTEUR MORT) à UN JEUNE BERGER DE NEUF ANS et d’UNE HÔTESSE OUBLIANT SON DIVORCE à UN TYPE QUI VIENT D’ÊTRE TUÉ. Griffonnés sur du carton, ces noms constituent un index de personnages issus de la réalité, du cinéma, du fantastique, du graveleux et du farfelu – des personnes que nous avons déjà rencontrées je ne sais combien de fois dans des grands classiques ou des films vidéo, dans d’insipides séries télé, dans la rue et au supermarché, et bien sûr, dans le miroir lorsqu’il nous capte à notre insu.
12am... joue sur l’épuisement et la résistance tenace des performers afin de créer un événement unique, comique, hypnotique et émouvant.
La performance dure six heures : le public est libre d’entrer et de sortir à sa guise.
Bloody Mess
Concept/ Conceived and devised by : Forced Entertainment
Met/Avec/With : Robin Arthur, Davis Freeman, Wendy Houstoun, Jerry Killick, Richard Lowdon, Claire Marshall, Cathy Naden, Terry O’Connor, Bruno Roubicek, John Rowley
Regie/Mise en scène/Direction : Tim Etchells
Tekst/Texte/Text : Tim Etchells & Forced Entertainment
Decor/Décor/Design : Richard Lowdon
Lichtontwerp/Eclairage/Lighting Design : Nigel Edwards
Productie/Production : Ray Rennie
Coproductie/Coproduction : Festival Theaterformen (Braunschweig/Hannover), Productiehuis (Rotterdamse Schouwburg), Les Spectacles vivants – Centre Pompidou (Paris), Wiener Festwochen, KunstenFESTIVALdesArts
Met de steun van/Avec le soutien de /Supported by : LIFT (the London International Festival of Theatre), Nuffield Theatre Lancaster
Coproduction work-in-progress performances : SpielArt Festival (Munich)
Met de steun van/Avec le soutien de/Supported by: The British Council
Presentatie/Présentation/Presentation : Kaaitheater, KunstenFESTIVALdesArts
12am: Awake & Looking Down
Concept/Conceived and devised by : Forced Entertainment
Met/Avec/With : Robin Arthur, Richard Lowdon, Claire Marshall, Cathy Naden, Terry O’Connor
Regie & tekst/Mise en scène & texte/Direction & text : Tim Etchells
Decor/Décor/Design : Richard Lowdon
Lichtontwerp/Eclairage/Lighting Design : Nigel Edwards
Sound-track/Bande sonore/Soundtrack : John Avery
Productie/Production : Ray Rennie
Presentatie/Présentation/Presentation : Beursschouwburg, KunstenFESTIVALdesArts
Met de steun van/Avec le soutien de/Supported by: The British Council
Forced Entertainment
Algemeen directeur/Directeur général/General Manager : Matt Burman
Marketing directeur/Responsable du marketing/Marketing Manager : Samantha Scott
Zakelijk leider/Administrateur/Administrator : Eileen Evans
Forced Entertainment wordt structureel gesubsidieerd door/reçoit un subside structurel de/ is regularly funded by : Arts Council England & Sheffield City Council.