Wichaya Artamat Bangkok

Four Days in September (The Missing Comrade) สี่วันในเดือนกันยา

théâtre — premiere

Rideau de Bruxelles

| Thai → FR, NL, EN | ⧖ 1h30 | €18 / €15

Un groupe d'ami·es se réunit en septembre 1990 pour fêter l'anniversaire d'un vieux ventilateur de plafond. La foudre frappe, iels fuient le lieu, y reviennent ensuite et constatent que l’un d’entre eux a disparu. L'appartement se sature d’informations et de conversations absurdes. Quelqu'un ressemblant au disparu réapparaît. En un clin d'œil, le présent devient le passé. Wichaya Artamat revient pour la deuxième fois au festival pour y présenter en première Four Days in September (The Missing Comrade), une pièce de théâtre presque cinématographique qui se déroule au cours de quatre jours et explore trente ans d'histoire thaïlandaise par le biais de plusieurs types de disparitions – de celle de la plaque commémorative de la révolution de 1932 à celle des militant·es enlevé·es. À travers l'intimité hypnotique et le jeu subtil des acteur·rices, la pièce dévoile la vie de Thaïlandais·es ordinaires contraint·es de rester aveugles et silencieux·euses pendant si longtemps. 
 

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La première fois que m’est venue l’idée de Four Days in September, c’était en 2014, en contemplant la chute de la démocratie en Thaïlande. Chaque coup d’État y est annoncé comme une étape de transition vers un véritable régime démocratique. Apparemment, ça n’a jamais marché.

Sous le règne du Roi Rama X, ces dernières années, il y a eu plusieurs tentatives flagrantes et délibérées d’effacer tout souvenir ou preuve historique de l’existence du Parti du Peuple (qui mena la Révolution siamoise en 1932, abolissant la monarchie absolue au profit de la démocratie). De nombreux symboles ont ainsi disparu : le blason commémoratif de la Révolution siamoise de 1932 au Dusit Palace Royal Plaza ou encore le Monument de défense de la Constitution et d’autres monuments érigés par le Parti du Peuple. Certains lieux officiels ont été rebaptisés, remplaçant les noms des membres du Parti par des noms des membres de la famille royale. Le zoo public de Dusit, qui se trouvait sur le site de l’ancienne résidence royale, a été déplacé. La Cour suprême et le Parlement ont été démolis afin d’en construire de nouveaux. La ville historique de Bangkok, qui abritait plusieurs monuments commémoratifs de la Révolution, a subi de nombreuses « améliorations paysagères ».

Au cours de ces derniers mois de confinement, la Thaïlande a été placée sous état d’urgence, octroyant tous les droits aux officiels, sans aucun compte à rendre. En juin 2020, un caricaturiste-satiriste thaï a été enlevé au Cambodge, des témoins oculaires rendant compte d’un enlèvement au pied même de son immeuble. L’affaire a provoqué des mouvements de protestation dont plusieurs participant·es sont aujourd’hui sous le coup d’un mandat d’arrêt dans le cadre de l’état d’urgence. Le seul but de cet état d’urgence était pourtant, d’après le gouvernement, de contrôler la propagation du virus. Depuis, plusieurs activistes, personnalités politiques et artistes sont poursuivi·es et risquent également d’être enlevé·es, à l’instar des nombreux activistes et réfugié·es politiques hostiles au gouvernement arrêté·es, enlevé·es, voire assassiné·es, au cours des dernières décennies.

La Thaïlande a longtemps vécu dans le silence et la peur. De nombreux sujets ne peuvent être abordés ou critiqués. Pour moi, le mot thaï pour enlèvement – Oom Haii (qui signifie littéralement enlever quelqu’un·e et le·la faire disparaître) – me rappelle la première fois où je l’ai entendu, enfant. C’était l’oom-haii de toute la famille d’un homme d’affaires, supposément mêlé à la scandaleuse et mystérieuse affaire du diamant bleu (également connu comme l’affaire des bijoux saoudiens), qui demeure non élucidée à ce jour. J’ai récemment fait le lien entre toutes ces disparitions, et y ai vu une triste tendance thaïlandaise apparemment vouée à se perpétuer. Et cela a ravivé l’idée de la pièce Four Days in September.

Four Days in September    

C’est l’histoire d’un groupe d’ami·es qui se retrouve souvent. Un jour, l’un·e d’elleux disparait. Le reste du groupe continue à vivre comme si de rien n’était. Quelques temps plus tard, une personne ressemblant à l’ami disparu « revient » dans le groupe.

Scène 1 – 1er Septembre

Un groupe d’ami·es fait la fête, comme d’habitude. Iels chantent et discutent dans une atmosphère emplie de rires et d’allégresse. Soudain, des tirs retentissent en rue. Certain·es courent voir ce qui se passe. Iels reviennent et se rassoient comme si rien ne s’était passé. Mais une personne manque. Le reste du groupe continue de chanter et de discuter. Certain·es s’interrogent sur la disparition de l’un·e d’eux·elles.

Scène 2 – 11 Septembre     

Les membres restant·es du groupe papotent et passent du temps ensemble. C’est bientôt l’anniversaire de la personne disparue. Plutôt que d’organiser une fête d’anniversaire comme d’habitude, iels envisagent de faire une fête en son honneur, comme on le ferait pour une personne décédée.

Scène 3 – 19 Septembre     

Un·e des membres du groupe amène une personne, qui ressemble beaucoup à la personne disparue, au sein de groupe. Ce n’est pas la personne disparue, juste un sosie.

Scène 4 – 21 Septembre     

Le groupe entier passe toujours du temps ensemble, dans une forme de résignation.         

J’imagine le plateau comme une pièce avec un ventilateur désuet à trois lames tournant au plafond. Il y a une table et cinq chaises dépareillées, et un frigo. Il y a éventuellement un mur symbolisant une autre pièce : une cuisine ou un débarras où les personnes iraient fumer. Le scénographe se chargera des détails supplémentaires.         

  • Wichaya Artamat

Présentation : Kunstenfestivaldesarts-Rideau de Bruxelles        

Concept, réalisation : Wichaya Artamat | Texte : Ratchapoom Boonbanchachoke, Wichaya Artamat | Distribution : Jaturachai Srichanwanpen, Nualpanod Nat Khianpukdee, Saifah Tanthana, Suranya Poonyaphitak, Witwisit Hiranyawongkul | Dramaturgie : Ratchapoom Boonbanchachoke | Décor, éclairage, direction technique : Pornpan Arayaveerasid, Rueangrith Suntisuk, Laphonphat Duangploy (Kinetic Design), Piti Boonsom | Conception du soundscape : Chanapon Komkham | Costumes : Nicha Puranasamriddhi | Conseiller en maquillage : Punika Rangchaya | Illustrations : Sina Wittayawiroj, The Art District86 | Key Visual Designer: Rueangrith Suntisuk | Traductions : Chonlatep Nabangchang | Surtitrage : Pathipon Adsavamahapong | Assistant de production : Surat Tamjai Kaewseekram | Producteur : Sasapin Siriwanij | Coproduction : Kunstenfestivaldesarts, Wiener Festwochen, Festival d'Automne à Paris, MC93 - Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis, Black Box teater | Résidence (Thaïlande) : Creative Economy Agency (Public Organization), Buffalo Bridge Gallery, B-Floor Theatre | Soutien technique (Thaïlande) : Populight | Remerciements : Ornanong Thaisriwong

 

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