06 — 08.05, 10 — 15.05, 17 — 22.05, 24 — 28.05.2016
Apichatpong Weerasethakul Chiang Mai
Memorandum
exposition — premiere
€ 5 / € 3 | Free admission with Fever Room ticket
En collaboration avec le Cinema Galeries, le Kunstenfestivaldesarts consacre un programme exceptionnel à l’un des plus importants réalisateurs du XXIe siècle. Maintes fois primé, l’artiste thaïlandais Apichatpong Weerasethakul développe un langage onirique, contemplatif, hanté par la mémoire et le désir. Tant dans ses films de fiction que dans ses documentaires expérimentaux, ses projets vidéo ou ses installations muséales – qui confrontent souvent le réalisme à la science-fiction, la modernité à l’archaïque, le quotidien aux méditations bouddhistes –, il cultive avec un talent singulier le goût du rêve, du mystère et de la lenteur. Memorandum , une création, retrace le parcours complet de l’artiste : à une rétrospective de ses longs et courts métrages se joint une exposition de ses installations vidéo. Une occasion rare nous est aussi donnée de découvrir ses « journaux intimes en mouvement », sa réponse personnelle aux problèmes politiques et sociaux qui l’alarment. Un événement !
À voir aussi
Fever Room
Tropical Malady
Master class
About Fever Room
Interview d’Apichatpong Weerasethakul
Un mémorandum est un aide-mémoire qui enregistre les événements ou observations relatifs à un sujet spécifique. De quoi cette exposition serait-elle le mémorandum ?
Au fil des années, mes films sont devenus une banque de mémoire, en partie parce que je n’ai pas bonne mémoire. Souvent, ils montrent des lieux, des personnes, des couleurs – sans autre intention. C’est aussi un voyage à travers l’histoire de mon chez-moi.
Cette sélection de vidéos et d’installations paraît plus intimiste et plus liée à votre terre natale que vos œuvres récentes.
Mes œuvres sont toujours personnelles. Je suis toujours fasciné par la Thaïlande, par ses différentes strates narratives, ses beautés et ses problèmes divers. J’ai constaté que l’acte d’enregistrer m’a changé, surtout au cours des dernières années, depuis que la situation politique a pris une si mauvaise tournure. Je suis préoccupé par notre obsession du nationalisme, de la vertu et du spiritualisme. Cela empiète sur les droits fondamentaux des citoyens. J’espère que Memorandum reflète certains aspects de ce trajet. Il m’est impossible de présenter toutes les installations, mais j’ai sélectionné différents types de mise en lumière, allant des premières vidéos, il y a 17 ans, aux plus récentes. Pour moi, elles correspondent à la sensation souterraine et intimiste que m’inspirent les espaces aux Galeries.
Dans un entretien accordé aux Cahiers du cinéma cette année, vous mentionnez l’importance des esprits dans la vie quotidienne. Dans cette exposition, ils semblent réellement faire partie intégrante de votre existence.
Oui. Il y a plusieurs types de fantômes qui ont apparu et disparu. D’une certaine façon, réaliser un film est une forme d’exorcisme. Il y avait les fantômes de fables et de shows télévisés de l’enfance et ceux de la violence politique. La réalité et la fiction s’imbriquent et dans une certaine mesure, cela n’importe guère.
Le sommeil paraît aussi adopter une importance dans votre œuvre, de Teem (2007) à Dilbar (2013) et à Cemetery of Splendour (2015).
Pour moi, dormir est comme aller au cinéma. La nuit, nous vivons plus de scénarios qu’au cinéma, et ils sont plus pertinents pour nous, parce qu’ils émanent de nous-mêmes, de notre mémoire. Je me concentre sur le sommeil et les rêves comme outil permettant d’échapper à la réalité, de partir en quête d’un monde ou d’un idéalisme différent. Cela comporte incontestablement une dimension politique.
Pendant la rétrospective, nous présentons quatre programmes de courts métrages. Comment les avez-vous sélectionnés et comment souhaitez-vous que nous ressentions votre œuvre ?
Prenez le temps et laissez-les couler sans les analyser. Je ne fais pas mes films selon une quelconque logique, mais en suivant mes émotions. Parfois les termes de « courts-métrages » et d’« installations » sont interchangeables. Il vaut mieux les considérer comme des « lumières ».
Comment votre œuvre a-t-elle évolué des premières installations comme Windows (1999), à cette exposition ? Et plus particulièrement à présent que vous ajoutez une nouvelle strate à votre œuvre avec la performance en direct ?
C’est étonnant, mais je n’ai pas l’impression que ma pratique a beaucoup changé. Je suis certainement plus conscient de l’histoire de mon pays, mais ma façon de filmer et d’expérimenter demeure égale à elle-même. Même la performance n’est au fond qu’une autre forme de cinéma. S’il me faut distinguer une différence, je crois que quand j’ai commencé, j’ai surtout mis l’accent sur la forme. Mais récemment, je me sens moins limité dans ma recherche de voix nouvelles. Je crois que le mieux est d’écouter le propre rythme de quelqu’un et de le traduire comme le ferait un enfant.
Edouard Meier,
février 2016
Retrospective d’œuvres d’
Apichatpong Weerasethakul
Assistant
Sompot Chidgasornpongse
Administration
Stephanie Hermant
Production exposition
Henri Dekoster, Chaisiri Jiwarangsan
Communication
Robine Petit, Lara Abdessalem
Responsable projections
Deniz Erdem
Présentation
Kunstenfestivaldesarts, Cinema Galeries
Production
Kick The Machine Films
Avec le soutien de
Brussels Hoofdstedelijk Gewest/Région de Bruxelles Capitale, Stad Brussel/Ville de Bruxelles, Thalys, Hotel Marivaux, Géné-Electra, Nationale Loterij/Loterie Nationale