Five Days in March – Re-creation

    23/05  | 20:30
    24/05  | 20:30
    25/05  | 20:30
    26/05  | 20:30

€ 18 / € 15 (-25/65+)
1h 30min
JAP > NL / FR

Rencontrez les artistes après la représentation du 24/05

Le 21 mars 2003, le Japon rejoint les forces américano-britanniques sur le point de mener leur offensive en Irak. Cette intervention militaire, la première depuis 1945, suscite une réaction forte parmi la population japonaise. C’est dans le contexte tendu de ces protestations pacifiques que Five Days in March déroule les histoires quotidiennes de plusieurs jeunes adultes à Tokyo. Présenté au Kunstenfestivaldesarts en 2007, Five Days in March avait suscité l’admiration du public et révélé Toshiki Okada sur la scène internationale. Le metteur en scène japonais crée aujourd’hui une nouvelle version de cette création phare. À travers un langage théâtral unique, oscillant sans cesse entre le naturel et l’artificiel, Okada dresse un portrait sensible d’une jeune génération en quête de réponses. Avec singularité et délicatesse, il dissocie les mots et les mouvements, comme deux grammaires autonomes, et met en lumière le fossé qui sépare l’engagement public de ces jeunes impliqués dans les manifestations et leurs préoccupations intimes. Doit-on s’inquiéter de ce grand écart ou est-il devenu la règle aujourd’hui ? En 2018, Five Days in March demeure une pièce incontournable.

Texte & mise en scène
Toshiki Okada

Avec
Chieko Asakura, Riki Ishikura, Yuri Itabashi, Ayaka Shibutani, Ayaka Nakama, Leon Kou Yonekawa, Manami Watanabe

Scénographie
TORAFU ARCHITECTS

Direction technique
Koro Suzuki

Régisseur général
Daijiro Kawakami

Direction lumières
Tomomi Ohira (ASG)

Direction sonore
Norimasa Ushikawa

Costumes
Kyoko Fujitani (FAIFAI)

Assistant mise en scène
Mana Inukai

Traduction anglaise
Aya Ogawa

Photographies promotion
Kenta Cobayashi

Productrice exécutive
Akane Nakamura

Responsable de production
Tamiko Ouki

Responsable administratif
Mihoka Kawamura

Manager de production
Mai Hyodo

Assistante de production
Megumi Mizuno

Assistants administratifs
Takafumi Sakiyama, Minami Kambe

Coordinatrice de production
Yuka Sugiyama

Présentation
Kunstenfestivaldesarts, Kaaitheater

Production associée
precog co., LTD

Production
chelfitsch, KAAT Kanagawa Arts Theatre

Coproduction
Kunstenfestivaldesarts, KAAT Kanagawa Arts Theatre, ROHM Theatre Kyoto

Avec le soutien de
Toyohashi Arts Theatre PLAT, Nagano City Arts Center, Yamaguchi Center for Arts and Media [YCAM]

Résidences
Toyohashi City, Toyohashi Arts Theatre PLAT

Avec la complicité de
Steep Slope Studio, Kinosaki International Arts Center

Surtitrage avec le soutien de
ONDA

Back to top

Five Days in March met en scène les activités quotidiennes, réparties sur une période de cinq jours, d’une série de jeunes couples japonais à partir du 21 mars 2003, date du début des bombardements en Irak par les États-Unis. L’histoire met en évidence le mal-être confus et troublant ressenti par la société japonaise face au contraste entre le déroulement d’une guerre dans un pays lointain et la banalité de « la vie quotidienne ». Par son texte qui reflète les expressions familières parlées par les jeunes japonais, son usage d’un discours qui traverse différents personnages et différents lieux, au beau milieu des lignes de l’acteur et de son expression physique particulière (l’exagération de gestes subconscients et autres mouvements corporels), la pièce ébranle le cadre rigide du théâtre, considéré jusque-là comme une structure allant de soi dès ses fondements même. Lors de sa création, Five Days in March a produit une véritable onde de choc à travers le monde du théâtre contemporain japonais. En 2005, Five Days in March remporte le 49e prix Kunio Kishida et est présentée pour la première fois en dehors du Japon à l’occasion du Kunstenfestivaldesarts en 2007. Depuis, la pièce a tourné dans plus de trente villes différentes à travers le monde. Œuvre emblématique du théâtre de chelfitsch, la pièce continue de rencontrer un franc succès à l’intérieur du Japon et au-delà de ses frontières. Elle est d’ailleurs largement reconnue comme un tournant décisif dans l’histoire du théâtre contemporain japonais.

La dizaine d’années qui s’est écoulée depuis la première de Five Days in March a été marquée par une recrudescence, au niveau mondial, des revendications nationalistes et par un flot d’attentats terroristes, envahissant toujours plus l’espace de notre « vie quotidienne ». Au sein de ce processus, la distance perçue et ressentie à l’encontre de la guerre et l’absence d’intérêt pour les manifestations de rue se sont rapidement restreintes. La jeunesse japonaise d’aujourd’hui ne ressemble en rien à l’image des jeunes indifférents représentés dans la pièce au moment de l’intervention en Irak. Depuis le terrible séisme de 2011 de la côte pacifique du Tohoku, on a pu observer une augmentation dans le nombre et la fréquence des protestations et des manifestations organisées par la jeunesse, qui s’affirme et s’exprime aujourd’hui comme une actrice majeure de la vie sociale. Pour cette re-création de Five Days in March, des auditions ont été organisées afin de ne sélectionner que des jeunes acteurs et actrices à l’aube de leur vingtaine. Les jeunes japonais dans cette tranche d’âge ressentent inévitablement l’ombre de la guerre et vivent avec un sentiment et un désir de changement dans la société qui a un impact réel sur leur vie. Quelle réalité apparaît lorsque ces jeunes adultes jouent l’apathie ? Cette re-création va permettre à de nouvelles perspectives de surgirent grâce à des corps jeunes dans des vêtements contemporains.  

Toshiki Okada : « Il y a trois ans je suis allé à Pékin au beau milieu de l’hiver. C’était ma première fois en Chine. J’ai été stupéfié par la « jeunesse » de la ville de Pékin. Je n’avais jamais ressenti auparavant une impression similaire de jeunesse dans une autre ville. Par exemple, Tokyo ne m’a jamais donnée l’impression d’être jeune. Lors de mon séjour à Pékin, j’ai ressenti la puissante envie de montrer ma pièce, dont j’ai écrit le texte quinze années plus tôt dans le Tokyo des débuts de la guerre en Irak, face à des publics de cette ville. C’est ici l’origine du projet de re-création de Five Days in March. Par la suite je décidai de réaliser une version entièrement nouvelle, très différente de la première et de rejouer la pièce avec de jeunes acteurs à l’aube de leurs vingt ans. J’ai organisé des auditions et sélectionné sept acteurs et actrices. Le plus jeune est né en 1997 et était toujours en maternelle au commencement de l’attaque en Irak. 

Bien que ce soit une re-création, le texte est resté plus ou moins le même que dans l’original, même s'il a été quelque peu revu. Hormis le texte, tous les autres éléments sont complètement différents. Avant tout, j’ai moi-même beaucoup changé. Pour le dire simplement, j’ai vieilli. Avec mes expériences accumulées ces dix dernières années, et qui me séparent de l’écriture de la première version, ma manière de penser le théâtre a considérablement changé. Aujourd’hui je définis le théâtre comme l’action que la performance, en tant que phénomène, produit sur le spectateur. 

  Auparavant, je pensais que le théâtre était uniquement la performance sur la scène. Aujourd’hui, je considère donc la mise en scène comme le moyen de rendre cette action plus forte et plus précise. Néanmoins, la différence encore plus grande et plus importante avec la version antérieure se trouve naturellement dans la différence d’époque et les circonstances qui nous entourent, bien que cette considération s’applique à la mise en scène de toute oeuvre en tout lieu. Si je compare la mise en scène d’une pièce avec l’acte de jeter un caillou dans un étang, alors mon intérêt aujourd’hui en tant qu’artiste de théâtre qui présente des pièces dans diverses villes, se concentre dans l’observation des différentes sortes d’ondulations apparaissant à la surface de notre actualité. C’est toujours difficile de les prédire à l’avance. C’est pourquoi je suis sans cesse impatient de les observer de mes propres yeux. »

Back to top

Né à Yokohama en 1973, Toshiki Okada fonde la compagnie de théâtre chelfitsch en 1997. Depuis sa création, il a écrit et mis en scène toutes les productions de la compagnie à l’aide d’une méthodologie précise et reconnaissable. Il est notamment reconnu pour son usage identifiable d’une langue japonaise populaire et vernaculaire et un art chorégraphique unique. En 2005, il gagne le prestigieux 49e prix Kunio Kishida avec sa pièce Five Days in March (publiée en français sous le titre Cinq jours en mars) ; la même année, il est finaliste du Toyota Choreography Award avec Air Conditioner. En février 2007, il publie son recueil de nouvelles The End of the Special Time We Were Allowed qui remporte le prix Kenzaburo Oe. Tandis que ses récits et pièces de théâtre continuent d’être publiés au Japon, beaucoup de ses oeuvres ont été traduites en différentes langues et publiées à l’étranger. Il a été invité en 2016, et pour trois saisons consécutives, à mettre en scène certaines de ses œuvres au sein du répertoire du Munich Kammerspiele, l’un des plus importants théâtres en Allemagne.  Toshiki Okada fonde la compagnie de théâtre chelfitsch en 1997. Il écrit et met en scène toutes les productions de la compagnie. Le nom de la troupe est issu de la mauvaise prononciation (délibérée) du terme anglais « selfish ». Avec la pièce Surprised by Their Hopes présentée pour la première fois en mars 2001, la compagnie de théâtre chelfitsch précise son esthétique textuelle par l’usage d’un langage familier et vernaculaire correspondant à la culture de la jeunesse contemporaine. Avec Mansion (2002) et Five Days in March (créée en 2004, la pièce a reçu le prestigieux prix Kunio Kishida pour meilleur texte dramatique) la compagnie juxtapose au texte une pratique chorégraphique expressive, dérivée de maniérismes et de particularités de la vie quotidienne. Chelfitsch fait ses débuts sur la scène internationale en 2007 lorsque Five Days in March est invitée au Kunstenfestivaldesarts. L’année suivante, Freetime est commanditée conjointement et présentée au Kunstenfestivaldesarts, aux Wiener Festwochen (Vienne) et au Festival d’Automne à Paris. La compagnie continue de renouveler sa méthodologie, qui réfléchit la relation entre la parole et le corps. Depuis Current Locations, présentée en 2012, la compagnie a produit des oeuvres comparables à des expéditions dans les territoires de la fiction. En mai 2013, la pièce Ground and Floor, commandée par le Kunstenfestivaldesarts, y est également présentée. Un an plus tard, la pièce Super Premium Soft Double Vanilla Rich est commandée par le Theater der Welt 2014.

Back to top